mercredi 14 décembre 2016

Espèce humaine en détresse


Alep
Ces êtres appartenant à la race humaine
Qui fuient les bombes, les massacres, les tueries
Perpétrés par d’autres humains qui actionnent
Ces armes comme des jouets
           
Rien absolument rien ne peut justifier
Qu’on tue, qu’on massacre, qu’on extermine
Ces combattants ont-ils une mère
Ces combattants ont-ils une compagne
Ces combattants ont-ils des enfants


Quand va-t-on sortir du Moyen-Âge
Que se lèvent les Voltaire, les Victor Hugo


mardi 25 octobre 2016

La prière d’un pécheur

Moi Donald Trump
Qui vit dans une religieuse Amérique
Je viens demander pardon
À mon Dieu, mon égal au ciel
J’ai commis plusieurs péchés
D’impureté avec tes humaines créatures
Mes mains baladeuses touchaient
Ce qui n’était pas accepté
Ce qui était refusé avec véhémence
Mon dieu, j’ai voulu tout acheter
Avec mon argent où le corps
De la femme était exploité
Dans des concours de beauté.
Cela m’excitait de les voir parader en bikini
Cet argent tiré des joueurs compulsifs
Dans mes nombreux casinos
Cet argent venant de mes nombreux
Terrains de golf aux quatre coins
De la planète
Pardonnez mon orgueil déplacé
Moi qui veux devenir le président
Des 300 millions qui habitent
Mon Amérique
Pardonnez-moi de créer la division
Et le mépris pour les bipèdes
Qui s’opposent à mon fantasme de grandeur.
On me dit narcissique
C’est une calomnie
On me persécute
On m’accuse
Je ne suis pourtant
Qu’un pauvre homme
Qui veut la grandeur
De l’Amérique
Arrêtez de me crucifier
Priez pour l’humble serviteur
Que je suis.



samedi 10 septembre 2016

Se réinventer et aimer la vie

Ce matin, en me réveillant je me suis demandé qui je suis. Suis-je la personne définie par ce qu’elle a fait? Et si c’est du passé, la question demeure entière, qui suis-je maintenant? Pourquoi cette question existentielle en ce matin pluvieux? C’est que j’ai reçu dernièrement les confidences d’un collègue retraité qui m’a avoué être tombé littéralement en dépression pendant deux ans après avoir quitté l’enseignement. Alors que plusieurs vivent ces deux premières années d’une façon quasi euphorique, tel ne fut pas le cas pour cet homme. Cela mérite une réflexion de ma part.

Je ne vous apprendrai rien en écrivant que l’être humain est beaucoup plus que ce qu’il a fait ou fait au travail. Je connais quelqu’un qui est ingénieur et qui est en même temps un excellent pianiste. La retraite force la personne à se réinventer, à trouver en soi-même ses ressources qui vont remplir l’espace laissé libre.

Prendre le temps de vivre, car la vie qu’on a est ce qui est le plus précieux. On l’oublie et l’on perd un temps précieux à ne pas vivre comme on devrait vivre. Cette course effrénée vers les biens de consommation nous bouffe un temps précieux, celui d’avoir le temps de vivre.

Je me demande souvent où trouver le bonheur. Une petite voix me dit de chercher à l’intérieur de moi-même. Cette course à l’avoir nous empêche d’être. Souvent, c’est dans la sobriété qu’on retrouve l’essentiel : vivre tout simplement.


Parfois, il m’arrive de me rappeler comment mon enfance et mon adolescence étaient sous le signe d’une certaine pauvreté qui ne m’empêchait pas d’être heureux. Le temps passe et bientôt je ne serai qu’un vague souvenir pour ceux et celles qui ont été dans ma vie. Il me faut réinventer l’art de vivre ces dernières années en aimant tout simplement la vie.

lundi 29 août 2016

Le regret de vieillir

En me levant ce matin, je constatai une fois de plus que j’étais moins jeune qu’hier. C’était pourtant une terrible évidence. Devrais-je commencer ma journée en regrettant de vieillir? Dans le brouhaha de la vie active, on ne s’arrête pas à ce détail de l’existence, mais rendu à un certain âge cette donnée existentielle prend sa revanche.

Il faut confesser que ce pauvre corps qu’on malmène trop nous donne des signes évidents de vieillissement. Je m’en rends compte quand j’ai à désherber mes platebandes. Je me relève tout courbaturé en attente presque d’une civière. Mes muscles se moquent de moi. Même en descendant les marches de l’escalier, je me surprends à m’appuyer sur la rampe que je bénis d’être là à mon service.

Avec tous ces maux qui accablent ce pauvre homme du troisième âge que je suis, je me découvre une nouvelle maladie celle d’avoir mal au temps. Ce fameux temps gagne en force alors que mon énergie baisse. Drôle de paradoxe! Il m’est difficile de me résigner au vieillissement, mais il me faut plus que jamais apprivoiser mes pertes. Cela ne sert à rien de se résigner et encore pire de se révolter ou de se décourager de durer si longtemps.

 Si j’écoute le psychiatre qui sommeille en moi, sa voix s’élève pour me convaincre d’aimer la partie minable, la partie inacceptable de mon être qui porte ombrage au côté lumineux de mon lointain passé enfoui dans mes souvenirs. Pas facile de tout aimer dans son corps. Cela implique tout un travail sur soi. Que de sueurs en perspective!

Je me dois d’aimer les résistances de mon corps, les manques d’endurance, les désirs qui restent seulement des désirs, ce visage qui se détourne du miroir ne pouvant supporter ce visage un peu ridé et cette peau qui n’a plus la délicatesse de la jeunesse. Je ne parle pas de mes cheveux aux couleurs des nuages.

Je me souhaite un miracle, celui d’aimer cet être qui a pris de l’âge. La société devra accepter de me côtoyer. La jeunesse éternelle est un eldorado inatteignable. La jeune génération se devra de me regarder, car telle sera un jour son destin. Elle fera le terrible constat que le temps est assassin.

jeudi 30 juin 2016

Démêler le vrai du faux

Ce matin, je me suis réveillé avec d’étranges souvenirs nocturnes. Normalement, je n’ai pas souvenance des invraisemblables univers où la nuit me véhicule. Le poids du passé est venu me rattraper. La grande question existentielle qui me trotte dans la tête même quand j’essaie d’être lucide : qu’est-ce qui est vraiment réel ? Est-ce que les gestes que je pose dans ma quotidienne vie plongent leurs racines dans du vrai, du réel ?

Commencer sa journée avec une telle question peut sembler surréaliste. Ne vaudrait-il pas mieux regarder dehors quel temps il fait, ouvrir la télé et écouter Salut Bonjour ou tout simplement me laisser guider par les 24 mouvements du taïchi ou vérifier si ma Capucine a de la belle eau fraîche ?
Mais non… Pas de repos pour le mortel que je suis. Les images de ma nuit agitée défilent dans ma tête. Je vois différentes personnes de confessions semblables ou différentes en train de prier. Je vois le chrétien agenouillé à la Place Saint-Pierre, le musulman dans une mosquée d’Istanbul, un juif hassidique devant le mur des Lamentations à Jérusalem, un moine bouddhiste assis en lotus devant le Gange, un Derviche tourneur quelque part au Népal.
Je me suis rappelé les prières du matin et du soir de mon enfance ordonnées par une mère pieuse. Le fameux chapelet du soir qui nous sortait de nos jeux dans la cour et si par malheur ma dévote mère décidait de se lancer dans les litanies, quelle crucifixion de nos réalités adolescentes.

Si j’étais un dieu ou une quelconque divinité, j’aurais d’autres chats à fouetter que d’exiger qu’on me prie. Si je sais tout, si je peux tout, si je suis infiniment bon, je vais gérer vos problèmes terrestres sans vos interventions.

Je constate tous les jours comment les peurs, les superstitions, les angoisses existentielles, les idéologies, les traditions modulent la vie des personnes. Je ne suis pas un modèle pour générer une réponse qui correspond au vrai, au réel.
Le septuagénaire que je suis est capable de mesurer comment ce qu’il prenait pour du vrai a fait bifurquer sa vie dans des dimensions qui ne correspondaient pas à la réalité d’un simple mortel qui devait construire sa vie selon ses propres paramètres. Souhaitons que je me donne encore quelques années pour réussir à démêler le vrai du faux.