vendredi 17 avril 2015

Les murs de l’incompréhension

J’ai toujours pensé que l’usage de la force était la manière de masquer une grande faiblesse. Quand j’analyse le comportement des bipèdes qui l’utilisent sur ma petite planète bleue, force est de constater que les grands idéaux issus de la Révolution française sont loin de les habiter. Liberté, égalité, fraternité. Trois réalités absentes dans la vie de ces barbares.

Que puis-je faire quand un fusil est braqué sur ma tempe? Toute tentative de dialogue est impossible. On veut me dominer, me soumettre, me faire disparaître. En 2015, il semble impossible de s’asseoir autour d’un café et d’échanger calmement dans le respect sur notre vision du monde, de la réalité humaine.

Pour amener un fanatique, un dominateur à dialoguer, il lui faudrait faire tout un saut en hauteur. Accepter de remettre en question sa vision du monde, son héritage familial et culturel. Cela ne se fait pas en cinq minutes. J’ai vécu à une certaine époque dans un certain carcan qui m’avait amené dans des directions totalement opposées à mes aspirations véritables. Cela a pris des années à me libérer par toute une démarche intérieure.

Malheureusement, je vois tous les jours les vestiges de ce manque de dialogue véritable. Pour être certain d’éviter à tout jamais le contact, on érige des murs. Pensez à celui qu’on vient de construire entre Israël et la Palestine ou celui qui séparait Berlin à l’époque de la guerre froide. Comme touriste, on va visiter le mur d’Hadrien et la Grande Muraille de Chine. Pensez à toutes ces villes fortifiées où il fallait passer obligatoirement par une ou des portes afin de contrôler.


Plus proche de notre réalité quotidienne, il y a ces refuges dans le silence, dans la consommation, dans les évasions multiples. Combien de personnes âgées se sentent emmurées dans ces résidences où elles se sentent parquées. Je pourrais écrire encore des pages sur ce sujet. Je me contente d’affirmer que l’humanisme ne brille pas fort dans le ciel de notre petite planète bleue.