mardi 25 octobre 2016

La prière d’un pécheur

Moi Donald Trump
Qui vit dans une religieuse Amérique
Je viens demander pardon
À mon Dieu, mon égal au ciel
J’ai commis plusieurs péchés
D’impureté avec tes humaines créatures
Mes mains baladeuses touchaient
Ce qui n’était pas accepté
Ce qui était refusé avec véhémence
Mon dieu, j’ai voulu tout acheter
Avec mon argent où le corps
De la femme était exploité
Dans des concours de beauté.
Cela m’excitait de les voir parader en bikini
Cet argent tiré des joueurs compulsifs
Dans mes nombreux casinos
Cet argent venant de mes nombreux
Terrains de golf aux quatre coins
De la planète
Pardonnez mon orgueil déplacé
Moi qui veux devenir le président
Des 300 millions qui habitent
Mon Amérique
Pardonnez-moi de créer la division
Et le mépris pour les bipèdes
Qui s’opposent à mon fantasme de grandeur.
On me dit narcissique
C’est une calomnie
On me persécute
On m’accuse
Je ne suis pourtant
Qu’un pauvre homme
Qui veut la grandeur
De l’Amérique
Arrêtez de me crucifier
Priez pour l’humble serviteur
Que je suis.



samedi 10 septembre 2016

Se réinventer et aimer la vie

Ce matin, en me réveillant je me suis demandé qui je suis. Suis-je la personne définie par ce qu’elle a fait? Et si c’est du passé, la question demeure entière, qui suis-je maintenant? Pourquoi cette question existentielle en ce matin pluvieux? C’est que j’ai reçu dernièrement les confidences d’un collègue retraité qui m’a avoué être tombé littéralement en dépression pendant deux ans après avoir quitté l’enseignement. Alors que plusieurs vivent ces deux premières années d’une façon quasi euphorique, tel ne fut pas le cas pour cet homme. Cela mérite une réflexion de ma part.

Je ne vous apprendrai rien en écrivant que l’être humain est beaucoup plus que ce qu’il a fait ou fait au travail. Je connais quelqu’un qui est ingénieur et qui est en même temps un excellent pianiste. La retraite force la personne à se réinventer, à trouver en soi-même ses ressources qui vont remplir l’espace laissé libre.

Prendre le temps de vivre, car la vie qu’on a est ce qui est le plus précieux. On l’oublie et l’on perd un temps précieux à ne pas vivre comme on devrait vivre. Cette course effrénée vers les biens de consommation nous bouffe un temps précieux, celui d’avoir le temps de vivre.

Je me demande souvent où trouver le bonheur. Une petite voix me dit de chercher à l’intérieur de moi-même. Cette course à l’avoir nous empêche d’être. Souvent, c’est dans la sobriété qu’on retrouve l’essentiel : vivre tout simplement.


Parfois, il m’arrive de me rappeler comment mon enfance et mon adolescence étaient sous le signe d’une certaine pauvreté qui ne m’empêchait pas d’être heureux. Le temps passe et bientôt je ne serai qu’un vague souvenir pour ceux et celles qui ont été dans ma vie. Il me faut réinventer l’art de vivre ces dernières années en aimant tout simplement la vie.

lundi 29 août 2016

Le regret de vieillir

En me levant ce matin, je constatai une fois de plus que j’étais moins jeune qu’hier. C’était pourtant une terrible évidence. Devrais-je commencer ma journée en regrettant de vieillir? Dans le brouhaha de la vie active, on ne s’arrête pas à ce détail de l’existence, mais rendu à un certain âge cette donnée existentielle prend sa revanche.

Il faut confesser que ce pauvre corps qu’on malmène trop nous donne des signes évidents de vieillissement. Je m’en rends compte quand j’ai à désherber mes platebandes. Je me relève tout courbaturé en attente presque d’une civière. Mes muscles se moquent de moi. Même en descendant les marches de l’escalier, je me surprends à m’appuyer sur la rampe que je bénis d’être là à mon service.

Avec tous ces maux qui accablent ce pauvre homme du troisième âge que je suis, je me découvre une nouvelle maladie celle d’avoir mal au temps. Ce fameux temps gagne en force alors que mon énergie baisse. Drôle de paradoxe! Il m’est difficile de me résigner au vieillissement, mais il me faut plus que jamais apprivoiser mes pertes. Cela ne sert à rien de se résigner et encore pire de se révolter ou de se décourager de durer si longtemps.

 Si j’écoute le psychiatre qui sommeille en moi, sa voix s’élève pour me convaincre d’aimer la partie minable, la partie inacceptable de mon être qui porte ombrage au côté lumineux de mon lointain passé enfoui dans mes souvenirs. Pas facile de tout aimer dans son corps. Cela implique tout un travail sur soi. Que de sueurs en perspective!

Je me dois d’aimer les résistances de mon corps, les manques d’endurance, les désirs qui restent seulement des désirs, ce visage qui se détourne du miroir ne pouvant supporter ce visage un peu ridé et cette peau qui n’a plus la délicatesse de la jeunesse. Je ne parle pas de mes cheveux aux couleurs des nuages.

Je me souhaite un miracle, celui d’aimer cet être qui a pris de l’âge. La société devra accepter de me côtoyer. La jeunesse éternelle est un eldorado inatteignable. La jeune génération se devra de me regarder, car telle sera un jour son destin. Elle fera le terrible constat que le temps est assassin.

jeudi 30 juin 2016

Démêler le vrai du faux

Ce matin, je me suis réveillé avec d’étranges souvenirs nocturnes. Normalement, je n’ai pas souvenance des invraisemblables univers où la nuit me véhicule. Le poids du passé est venu me rattraper. La grande question existentielle qui me trotte dans la tête même quand j’essaie d’être lucide : qu’est-ce qui est vraiment réel ? Est-ce que les gestes que je pose dans ma quotidienne vie plongent leurs racines dans du vrai, du réel ?

Commencer sa journée avec une telle question peut sembler surréaliste. Ne vaudrait-il pas mieux regarder dehors quel temps il fait, ouvrir la télé et écouter Salut Bonjour ou tout simplement me laisser guider par les 24 mouvements du taïchi ou vérifier si ma Capucine a de la belle eau fraîche ?
Mais non… Pas de repos pour le mortel que je suis. Les images de ma nuit agitée défilent dans ma tête. Je vois différentes personnes de confessions semblables ou différentes en train de prier. Je vois le chrétien agenouillé à la Place Saint-Pierre, le musulman dans une mosquée d’Istanbul, un juif hassidique devant le mur des Lamentations à Jérusalem, un moine bouddhiste assis en lotus devant le Gange, un Derviche tourneur quelque part au Népal.
Je me suis rappelé les prières du matin et du soir de mon enfance ordonnées par une mère pieuse. Le fameux chapelet du soir qui nous sortait de nos jeux dans la cour et si par malheur ma dévote mère décidait de se lancer dans les litanies, quelle crucifixion de nos réalités adolescentes.

Si j’étais un dieu ou une quelconque divinité, j’aurais d’autres chats à fouetter que d’exiger qu’on me prie. Si je sais tout, si je peux tout, si je suis infiniment bon, je vais gérer vos problèmes terrestres sans vos interventions.

Je constate tous les jours comment les peurs, les superstitions, les angoisses existentielles, les idéologies, les traditions modulent la vie des personnes. Je ne suis pas un modèle pour générer une réponse qui correspond au vrai, au réel.
Le septuagénaire que je suis est capable de mesurer comment ce qu’il prenait pour du vrai a fait bifurquer sa vie dans des dimensions qui ne correspondaient pas à la réalité d’un simple mortel qui devait construire sa vie selon ses propres paramètres. Souhaitons que je me donne encore quelques années pour réussir à démêler le vrai du faux.

mercredi 6 mai 2015

Si je prenais le temps…

Oui, si je prenais le temps d’écrire ce qui me passe par la tête ces temps-ci, il serait question d’ignorance et de pauvreté. Je trouve que ce sont les deux principaux fléaux qui affligent ma chère planète encore en ce 2016.

Vous allez me dire que c’est la guerre qui frappe dans certaines régions qui devraient t’empêcher de dormir. Oui, c’est vrai qu’il y a ces guerres. Qu’est-ce qui pousse une jeune personne à prendre un fusil pour aller tuer un autre humain comme elle? Je réponds sans hésiter que c’est l’ignorance. On se fait embobiner par des pseudo-théologiens de tout acabit qui ne comprennent rien aux sciences des religions, qui ont appris quelques mantras par cœur qu’ils débitent à des fidèles souvent ignares et crédules.

Je trouve inconcevable qu’en ce 2016 règne encore tant de pauvreté sur ma planète. Des gens au moment où j’écris ces lignes ont faim et vivent dans des conditions matérielles pitoyables.

Comment ces 1 % qui possèdent 90 % des richesses de la terre peuvent-ils dormir calmement? Même s’ils ont des fondations philanthropiques, ils n’ont pas d’excuse. Leurs fondations servent à payer moins d’impôts. Je ne parle pas de ces inconscients qui cachent leurs avoirs dans des paradis fiscaux. Une honte quand on pense qu’ils utilisent les mêmes routes, les mêmes écoles, les mêmes hôpitaux que nos impôts servent à financer.

Je ne décolère pas devant toutes ces injustices. Dans mon propre pays, on enregistre un taux d’analphabétisme effarant. Nos voleurs et nos tueurs en prison ont à peine un cours primaire selon une étude qui m’est passée sous les yeux.



Oui, quand je fais taire les bruits de ma civilisation pour réfléchir en paix sur l’état de ma planète, une évidence me saute aux yeux. Si j’avais une baguette magique, je la pointerais volontiers vers deux cibles majeures : l’ignorance et la pauvreté.

vendredi 17 avril 2015

Les murs de l’incompréhension

J’ai toujours pensé que l’usage de la force était la manière de masquer une grande faiblesse. Quand j’analyse le comportement des bipèdes qui l’utilisent sur ma petite planète bleue, force est de constater que les grands idéaux issus de la Révolution française sont loin de les habiter. Liberté, égalité, fraternité. Trois réalités absentes dans la vie de ces barbares.

Que puis-je faire quand un fusil est braqué sur ma tempe? Toute tentative de dialogue est impossible. On veut me dominer, me soumettre, me faire disparaître. En 2015, il semble impossible de s’asseoir autour d’un café et d’échanger calmement dans le respect sur notre vision du monde, de la réalité humaine.

Pour amener un fanatique, un dominateur à dialoguer, il lui faudrait faire tout un saut en hauteur. Accepter de remettre en question sa vision du monde, son héritage familial et culturel. Cela ne se fait pas en cinq minutes. J’ai vécu à une certaine époque dans un certain carcan qui m’avait amené dans des directions totalement opposées à mes aspirations véritables. Cela a pris des années à me libérer par toute une démarche intérieure.

Malheureusement, je vois tous les jours les vestiges de ce manque de dialogue véritable. Pour être certain d’éviter à tout jamais le contact, on érige des murs. Pensez à celui qu’on vient de construire entre Israël et la Palestine ou celui qui séparait Berlin à l’époque de la guerre froide. Comme touriste, on va visiter le mur d’Hadrien et la Grande Muraille de Chine. Pensez à toutes ces villes fortifiées où il fallait passer obligatoirement par une ou des portes afin de contrôler.


Plus proche de notre réalité quotidienne, il y a ces refuges dans le silence, dans la consommation, dans les évasions multiples. Combien de personnes âgées se sentent emmurées dans ces résidences où elles se sentent parquées. Je pourrais écrire encore des pages sur ce sujet. Je me contente d’affirmer que l’humanisme ne brille pas fort dans le ciel de notre petite planète bleue.

lundi 30 mars 2015

Désir et souffrance

En coupant mes légumes, j’écoutais Catherine Major chanter que son cœur est une lame mal aiguisée. Il y a de ces jours où j’aimerais qu’une lame coupe toutes les résistances qui empêchent mon cœur d’aimer la vie tout simplement. Comment y parvenir sans tomber dans l’ataraxie, cette absence de trouble dans l’âme. Trouver une quiétude, une tranquillité de l’esprit  pour ne plus être troublé par les aléas du destin, voilà la sagesse qui devrait aiguiser le septuagénaire que je suis.

Hélas, ce n’est pas ainsi que se tricote ma vie. Je suis balloté entre le désir et la souffrance. À mesure que les années passent, je me rends compte que la véritable sagesse, celle que ma condition humaine m’invite à accepter et à intégrer ne peut éluder ce va et vient entre le désir et la souffrance. Il y a une grave illusion à vouloir évacuer la souffrance à tout prix. C’est une purgation  impossible à administrer.

Quand je pédale sur mon vélo stationnaire dans l’unique but de me garder en santé, je souffre inévitablement. Il y a dans cet exercice une routine assommante et si je ne mets pas un peu de musique pour accompagner le tout, la torture est encore plus évidente. Si je m’astreins à pédaler, c’est que le désir est là pour me souffler à l’oreille que c’est bon pour ma survie.

Il m’est arrivé ces dernières années de me rendre en Floride pour fuir l’hiver québécois. Quelle souffrance interminable que ce long trajet pour assouvir mon désir de soleil. Je dois me rendre à l’évidence que supprimer le désir, c’est supprimer la souffrance.


Je pourrais multiplier les exemples prouvant que ce couple désir-souffrance fait partie de notre condition humaine. J’oublie mes  tentatives d’atteindre le nirvana, de voir le désir comme un ennemi, de vouloir écarter la souffrance. Je suis un humain et la sagesse m’ordonne d’intégrer ce couple.